Par : claudeh
Publié : 28 septembre

Chambeugle

Chambeugle
est une commune française, située dans le département de l’Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté, devenue, le 1er janvier 2016, une commune déléguée de la commune nouvelle de Charny-Orée-de-Puisaye.
Chambeugle, à la limite du Loiret, compte 53 âmes (en 2013) et une douzaine de hameaux. Malgré cette dispersion, les Chambeuglois et Chambeugloises forment une grande famille répartie sur un territoire de 728 hectares chargés d’histoire.
Son altitude varie de 156 mètres à 203 mètres.

Hydrographie
Le ru du Cuivre, affluent de l’Ouanne, passe à l’est de la commune, s’écoulant du sud vers le nord.
Le ru des Entonnoirs, petit tributaire en rive gauche du ru du Cuivre à 800 m au nord-est de Chambeugle, sert de limite de commune avec Fontenouilles.
Il coule sur Fontenouilles, mais un étang sur son cours est à cheval sur les deux communes qui se le partagent plus ou moins à parts égales.
Le ru des Entonnoirs est ainsi nommé à cause des dolines de taille notable dans les environs de son cours.

Origine du nom de Chambeugle
Vient du nom latin « Campus Beuglia  » qui signifiait « Camp de Bœufs  » soit élevage de bœufs, selon certains.
Pour d’autres, Chambeugle tirerait son nom d’une fleur en abondance au Xllème siècle, le (a) beuglia, fleur bleue à cinq pétales, de douze à quinze centimètres de tige, aimant le milieu humide. Cette fleur médicinale renferme des quantités importantes de tanin (15%), ce qui explique ses propriétés vulnéraires.
Or, les Templiers avaient la réputation de savoir guérir les plaies sur les champs de bataille. On peut y voir effectivement une explication.
Nous pensons que c’est une des raisons principales qui a attiré les Templiers à Chambeugle.
Ils possédaient la quasi-totalité de la commune par une donation de Maître Evrard des Barres, qui de son vivant, installa à Chambeugle le centre administratif de la communauté, en un lieu qui s’appelle encore aujourd’hui la Commanderie.

Blason de Evrard des Barres (ou Everard des Barres, il existe plusieurs graphies) est le troisième maître des Templiers et gouverne l’ordre de mars 1149 à 1152

Eglise-chapelle de Chambeugle
L’église-chapelle de Chambeugle est le seul vestige de la période templière qui reste localement.
Elle apparaît modeste mais solide, belle mais austère.
Fièrement dressée en bordure d’un petit plateau, elle n’est pas sans susciter intérêt et émotion.

Cette chapelle, érigée en 1137, est d’architecture sobre, inspirée de celle des Cisterciens. Elle est de forme rectangulaire, aux murs épais sans fioritures, aux façades éclairées par trois fenêtres, une quatrième en abside.
Aujourd’hui, tronquée par la chute de son clocher qui s’élevait sur la façade et qui a été détruit en 1562 par les protestants, un tiers de l’édifice a été ainsi supprimé et la chapelle ne possède plus que deux voûtes et demie qui permet d’évaluer sa longueur initiale.

L’église du XVème siècle était autrefois la Chapelle d’une Commanderie de l’Ordre de Malte. Elle fut vendue comme bien national en 1793
Sa cloche est l’une des trois plus anciennes de l’Yonne. Elle date en effet de 1509 et est classée Monument Historique et s’appelle Sainte Gabrielle.

Un superbe petit bénitier de pierre accueille le visiteur ainsi que le Christ en bois du Xllème siècle, la Vierge Marie, Jésus et Saint Aubin, né vers 469 à Vannes, Morbihan, moine, puis abbé d’un monastère près de Guérande, Loire-Atlantique, élu à la demande du peuple et malgré lui, évêque d’Angers (Maine et Loire en 469), il lutte avec énergie et malgré des menaces de mort, contre les mœurs dissolues des nobles, il meurt le 1er mars 550.

L’histoire de Chambeugle

C’est en 1119 qu’un chevalier champenois, Hugues de Payns, rassemble quelques amis pour protéger les pèlerins qui se rendent à Jérusalem. Une bulle du pape Innocent II fixe leur vocation : combattre les ennemis de la « Croix ». Ils ont, en outre, le privilège d’être totalement indépendants des autorités de l’Eglise.
En Palestine, Hugues de Payns et ses amis s’installent sur le site du temple de Salomon, ce qui authentifie l’appellation « ordre des Templiers ». En 1120, le jeune Everard des Barres, dont la famille est propriétaire de Chambeugle et de nombreuses terres de la région, rejoint « l’ordre des Templiers » en lui apportant le tiers des biens de la famille. L’ordre, qui est à ses débuts (Everard est le dixième membre !), constitue rapidement, avec cette donation imposante, « la Commanderie de CHAMBEUGLE-MONTBOUY ».
Everard des Barres fut une personnalité importante du Moyen-âge. Il devient rapidement le maître du Temple de France, faisant construire le Temple de Paris (où fut enfermé plus tard Louis XVI).
En 1148, au cours de la croisade, il sauve, avec ses templiers l’avant-garde de Louis VII aux prises avec l’armée turque dans les gorges de la Pisidie (au sud de la Turquie).
Désormais, les rois de France se placent sous la tutelle des templiers.
Everard devient le grand maître de l’ordre et militairement le plus célèbre, portant avec fierté la croix vermeille au-dessus du cœur. Mais trouvant sa charge trop lourde à supporter, il se fait moine cistercien (relatif à l’ordre de Citeaux, les cisterciens constituent une branche monastique issue de l’abbaye Bénédictine de Citeaux près de Dijon et dont le fondateur fut en 1098 Robert de Molesmes, sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux l’ordre connaît un essor considérable en Europe, il se caractérise par un retour strict à la règle de St Benoît par une plus grande austérité et par l’exercice du travail manuel). Il meurt à Citeaux le 25 novembre 1174.
L’ordre reçoit de très nombreux dons et se dote très vite d’une puissante organisation internationale avec de nombreuses « commanderies », dont celle de Chambeugle. Elles avaient pour mission principale de fournir des hommes, des chevaux et de collecter de l’argent pour les besoins de la guerre en Palestine.
Le temple tirait également de très gros revenus d’activités que nous appelons de nos jours bancaires.

Dans leur rôle d’assistants pour les malades et les voyageurs, les templiers, à Chambeugle, étaient associés aux bénédictines du prieuré Sainte-Catherine de Cloye de Marchais-Beton.
Philippe IV le Bel, désirant s’emparer des biens de l’ordre et surtout détruire sa puissance, donna l’ordre, le vendredi 13 octobre 1307, d’arrêter tous les templiers vivants sur le royaume. Menés par Guillaume de Nogaret, les agents du roi obtinrent, par la torture très souvent, les aveux qu’ils souhaitaient pour déconsidérer « le Temple » et forcer le pape Clément V à le dissoudre. Ce qui est fait le 3 août 1312.

Il y avait à ce moment là 10 000 puissantes « Commanderies ». Le chevalier responsable de la « Commanderie de Chambeugle » (60 personnes) était Jean de Thara. Arrêté en 1307, jugé, il eut le même sort que les autres chevaliers : brûlé sur le bûcher.

Les biens furent saisis et la « commanderie de Chambeugle » attribuée aux chevaliers de St-Jean de Jérusalem puis aux Hospitaliers, futurs chevaliers de la Croix de Malte (qui dépendaient de la commanderie de Saint-Marc d’Orléans), qui en gardèrent le bénéfice jusqu’à la révolution. Le domaine comprenait, en 1656, une maison, une grange, 120 arpents de terre, 7 arpents de prés, des bois taillis et de hautes futaies, des censives, des dîmes et autres droits féodaux et un moulin sur le Branlin appelé Moulin-Rouge qui fait partie aujourd’hui de la commune de Saint-Martin-sur-Ouanne.

Sources : la Mairie de La Charny-Orée-de-Puisaye.et Wikipédia.