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Aubigny-sur-Nère

Aubigny-sur-Nère, chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Vierzon est une ville de 6055 habitants. Elle est située à la limite des régions naturelles de Sologne et du Pays-Fort, dans l’ancienne province de Berry.
Son altitude varie de 161 à 233 m.
Ses habitants s’appellent les Albiniens. Elle s’appelait Albiniacum à l’époque gallo-romaine et devint avec le temps Aubigny-sur-Nère. La Nère est une petite rivière qui traverse la ville en plusieurs bras : elle disparait sous une maison pour ressortir au détour d’une rue...
Son économie est prospère grâce à Mecachrome, installé dans la commune depuis 1962 usine de mécanique de précision pour l’aéronautique (Airbus) et développement, usinage et assemblage de moteurs de Formule 1 (Renault Sport), Wilo Intec qui étudie et réalise des pompes et ventilateurs pour chaudières de chauffage central et l’importante usine de remplissage des bouteilles Butagaz.

Son histoire :

Au Moyen-Age la terre d’Aubigny était la propriété des moines du chapitre de Tours. Rencontrant de sèrieuses difficultés face aux seigneurs féodaux des environs, ils demandent l’aide des rois Capétiens, Louis VII puis Philippe Auguste qui, en 1189 annexe la ville au domaine royal. Il "organise la cité" autour de l’église dédiée à Saint Martin, l’entoure de remparts dont 2 tours sont encore visibles et la dote d’une administration qui perdurera jusqu’à la Révolution. Mais la guerre de Cent ans éclate et le futur roi de France réfugié à Bourges fait appel à l’Ecosse pour "bouter l’Anglais hors de France" en vertu de l’Auld Alliance (traité signé entre les 2 royaumes en 1295). Il reçoit alors l’aide de Jean Stuart, connétable d’Ecosse, qui débarque en 1419 à La Rochelle avec un 1er Corps Expéditionnaire. En récompense de ses services il reçoit en 1423 la terre de Concressault puis celle d’Aubigny. A partir de cette date Aubigny deviendra la cité des Stuart lui donnant ses armoiries.

Blason

"3 fermaillets d’or sur fond de gueule".

Les successeurs de Jean Stuart, toujours au service des rois de France furent des personnages puissants qui jouèrent un rôle important : présents aux côtés de Jeanne d’Arc au sacre de Charles VII à Reims, sur les champs de bataille des guerres d’Italie, aux côtés de François 1er à Marignan, ils deviennent les premiers capitaines de la garde personnelle écossaise du roi. Rapportant d’Italie le style Renaissance, ils vont l’intégrer dans la construction de leurs châteaux (La Verrerie en 1498 et Aubigny en 1518). En 1512 un incendie détruit la ville et Béraud Stuart autorise les habitants à prendre le bois de ses forêts pour reconstruire la ville (3 ont été détruites pour la reconstruction). Ce sont toutes ces magnifiques maisons à colombages que l’on admire encore de nos jours. Cet incendie fut le départ d’une ère prospère (industries de la laine, tanneries, carderies, art de la verrerie) et Aubigny fournissait même les uniformes des armées dans sa
Manufacture Royale bâtie sous Colbert au XVIIème siècle. Mais la faillite du banquier Law entraine la ruine de ces industries et seul sera gardé le nom "Aubigny les Cardeux".

Lorsque le dernier Stuart disparait en 1672, la ville et la terre d’Aubigny reviennent à la couronne de France. Louis XIV va l’offrir à Louise de Keroualle,

duchesse de Portsmouth et favorite du roi d’Angleterre Charles II Stuart dont elle eut un fils titré "duc de Richmond" pour la remercier d’avoir toujours su défendre les intérêts français à la cour d’Angleterre. A la mort de Charles II la duchesse doit quitter l’Angleterre et vient s’installer à Aubigny. Elle se consacre à la ville, embellit le château, crée les Grands Jardins avec un disciple de Le Nôtre et construit une orangerie. Elle supprime les impôts, obtient la création d’un grenier à sel et devient "la Bonne Dame d’Aubigny" en installant dans la rue des Dames des religieuses attachées au service des malades de l’Hôtel-Dieu. L’argent se faisant rare, elle se retire à Paris et meurt en 1734 en léguant ses biens à son petit-fils, le 2ème duc de Richmond. Celui-ci s’empresse d’emporter dans son domaine du sud de Londres tout le contenu des châteaux et maisons : tapisseries, tableaux, porcelaines.... Il ne revient que pour chasser dans ses forêts. Lorsque la Révolution éclate il est porté sur la liste des émigrés et ses biens sont mis sous séquestre. Petit à petit tout est vendu et la ville acquiert le château et les Grands Jardins en 1812.

Ainsi se terminent 4 siècles de présence écossaise et anglaise dont Aubigny garde une empreinte profonde.

Visite d’Aubigny :

Le Château

Château des Stuart et Hôtel de Ville

Il fut construit par Robert Stuart de 1517 à 1543 en pierres du Nivernais et du Pays Fort. Seuls subsistent le châtelet, le corps de logis avec la chapelle et une tour dans l’aile ouest. Sous le porche de style Renaissance, figure à la clé de voute un écu sculpté dans la pierre avec les armes de Robert Stuart et les lys de France.
Le château abrite les salles d’honneur de l’hotel de ville autrefois salons de la Duchesse. On peut y admirer 3 tapisseries d’Aubusson offertes par Louis XIV à la duchesse pour services rendus.
L’aile gauche abrite le musée de l’Auld Alliance et l’aile droite le musée Marguerite Audoux et la salle Pierre Rateau compagnon de la Libéraration.

Le monument de l’Auld Alliance

Il a été réalisé par un artiste régional en 1995 pour célébrer les 700 ans de la signature de l’Auld Alliance entre l’Ecosse et la France et représente une épée fichée entre des pierres écossaises et berrichonnes dont le pommeau porte gravés le chardon et le lys. Il est surmonté d’un drapeau écossais. Sur une plaque figure un extrait du traité.

La place Adrien Arnoux ( place du Marché)

Ancienne motte castrale, c’est là que fut érigé le 1er château fort de Philippe Auguste au 12ème siècle.
On peut admirer sur cette place des maisons à pans de bois aux colombages en losanges, grilles et croix de Saint André. Belle maison au N°13.

La rue des Foulons et la Maison des Foulons

Ce nom rappelle l’ancienne activité des drapiers d’Aubigny. A l’origine on foulait les draps dans l’eau de la rivière.

Maison des foulons

Cette maison serait la seule à avoir survécu au grand incendie de 1512 peut-être en raison de sa situation près de la rivière.

La place du Vieux Marché

Anciennement Marché au Blé elle touchait aux remparts de la Porte du Cygne ou Porte de Foulon. Les femmes venaient y faire leur marché, chercher l’eau au puits pour remonter par la rue Pousse-Panier.

La rue du Bourg-Coutant

Maison Saint Jean

L’Auberge dite Maison Saint Jean (16ème) est la seule maison de centre ville se développant sur 3 travées. Une porte charretière accède à la cour et à une galerie ouverte sur l’élévation du logis donnant sur cette cour fermée.

La maison du Bailli (fin 1523), richement sculptée présente sur les 2 colonnes du poteau cormier droit les initiales de Robert Stuart et de ses épouses Anne et Jacqueline. Les moulurations de la sablière ornée d’une cordelière retombent sur des culots sculptés représentant un animal fabuleux et un portrait en médaillon de Robert Stuart. Au dessus de la niche vide figure une salamandre, symbole royal de François 1er.

Maison du Bailli

La maison dite de François Ier

Elle est classée aux monuments historiques. A la base du poteau cormier décoré d’une "Charité de Saint Martin" on peut lire gravée sur une banderole la date de sa construction 1519. La maison est habillée de décors à la croix de Saint André et ses fenêtres de croisillons. Un chambre aurait été réservée au roi mais il n’y serait jamais venu.

Maison dite de François 1er

La rue des Dames

Des religieuses habitaient une maison apportant soins, aides et secours aux pauvres. La maison dite "de Jeanne d’Arc" doit son nom à une sculpture de la Pucelle sur la porte de la cour interieure.

Les clochers tors

Maison Bourdoiseau

Compagnon du tour de France, Henri Bourdoiseau construisit sa maison au 19ème en faux panneaux de bois. Il plaça aux angles des clochetons tors.

L’église Saint Martin

Eglise gothique "de transition" assez rare en Berry. Elle fut construite au XVIème siècle à l’emplacement d’une église romane du 12ème dont il ne reste que le portail sud. Sa nef haute de 17m présente la particularité d’être recouverte de 2 grandes voûte sexpartites barlongues( similitude avec Bourges, peut-être construites par les mêmes compagnons). On peut y admirer un rétable en bois du 16ème représentant la mise au tombeau du Christ, une Piéta en bois du 17ème et surtout la verrière centrale relatant la vie de Saint Martin. Au portail d’entrée une statue de Saint Martin en légionnaire. L’église a aussi la particularité de posséder 2 orgues.

Sources :
Wikipedia.
Office de tourisme Sauldre et Sologne : www.tourisme-sauldre-sologne.com.
Monsieur René Dollet, guide de l’office du tourisme d’Aubigny.