Par : domic
Publié : 1er janvier 2014

Saint-Claude : musée de la pipe et du diamant

La Confrérie des Maîtres Pipiers de Saint Claude et l’Association des Diamantaires et Lapidaires du Haut-Jura ont organisé une exposition permanente présentant des collections de pipes, de pierres précieuses et de pierres de synthèse, des outils et des machines d’autrefois pour faire connaitre ces métiers qui ont fait le renom de Saint-Claude.

EXPOSITION DE PIPES :

Dès l’Antiquité on utilisa de nombreux matériaux pour la fabrication des pipes : pierre, métal, terre, verre, porcelaine, ivoire, écume et bois divers. Le tabac introduit en France vers 1560 fut utilisé sous forme de poudre à priser ce qui donna naissance à la fabrication des tabatières.
A Saint-Claude dès le début du 17ème siècle on a tourné des tuyaux en buis, en os puis en corne pour les pipes en terre et porcelaine fabriquées ailleurs.

A partir de 1750 lorsque l’usage de fumer fut répandu, on fabriqua des pipes avec les bois du pays : hêtre, alisier, buis, merisier. Vers 1855 la découverte de la bruyère extraite dans le bassin méditerranéen va donner un essor considérable à Saint-Claude. Cette précieuse essence, façonnée avec goût et habileté par des hommes et des femmes"représentants de l’aristocratie ouvrière" va supplanter les autres matériaux.

La Confrèrie des Maîtres Pipiers :

Créée en 1966 elle compte plus de 1000 membres dans le monde entier, choisis pour leur passion de la pipe. Elle se réunit 3 fois par an en chapitre, dont un au cours duquel est intronisé le Premier Fumeur de Pipe de France, élu par ses pairs.

EXPOSITION DE DIAMANTS :

Les raisons essentielles de l’implantation de l’industrie de la taille de pierre dans le Haut-Jura furent :

- la proximité de la Suisse et son industrie horlogère.

- la disponibilité de la main d’oeuvre (paysanne) pendant les longs mois d’hiver ainsi que son habileté.

- la présence de nombreux cours d’eau utilisés pour l’entrainement des meules dans les ateliers par l’énergie de roues à aubes.

Un lapidaire (du latin lapis, "pierre") est le nom d’une technique et d’un métier qui consiste à façonner et à tailler des pierres, précieuses ou non, de façon à les rendre dignes d’orner des bijoux ou des objets d’art. Le lapidaire ne s’applique pas à la taille du diamant, qui est elle réservée au diamantaire, car cette taille est spécifique de par la dureté du diamant.

L’exposition montre des collections originales de pierres brutes et taillées : diamants, pierres fines et précieuses et pierres synthétiques. On y voit aussi la reconstitution d’un atelier de taille animé par des automates.

Le diamant est un cristal de carbone pur. C’est le minéral le plus dur. Les diamants proviennent d’Afrique (Zaïre, Bostwana, Zimbabwe, Afrique du Sud), d’Australie, de Russie, du Brésil et du Canada. La plupart des diamants bruts sont exploités et vendus par la société De Beers. Les pierres sont classées et préparées dans leurs bureaux de Londres. Dans les vitrines on peut voir des diamants taillés à Saint-Claude :

- le brillant : taille ronde à 57 facettes qui est la taille la plus courante.

- les tailles "fantaisies", navettes, poires, baguettes et princesses.

- les tailles 8/8 facettes pour les toutes petites pierres.

Les rubis et saphirs (famille des corindons) et les émeraudes (famille des béryls) sont des pierres précieuses.
Il existe aussi des pierres fines telles que améthystes, topazes, citrines et grenats. <BR<
Toutes ces pierres sont travaillées dans la région alors qu’il n’existe aucune mine. L’origine de cette profession est due à des évènements politiques et religieux (édit de Nantes).

Les pierres synthétiques s’obtiennent par fusion et cristallisation d’oxyde d’aluminie très pur par calcination dans un chalumeau oxydrique. Strass, Yag, oxyde de zirconium sont des pierres bon marché destinées à la bijouterie fantaisie. Avec l’automatisation des machines la production est de qualité et compétitive.

L’unité de poids utilisé dans le négoce de pierre est le carat (1/5 g).
Pour la taille et le polissage des pierres on utilise de la poudre de diamant broyé très fine : le Boart.

L’exposition présente aussi des reproductions de diamants. Le plus célèbre est le Cullinam découvert en Afrique du Sud en 1905 et offert au roi Edouard VII. Le brut pesait 3024 carats. De sa taille sont issues 9 pierres qui appartiennent au Trésor de la Couronne d’Angleterre et ornent sceptre, couronnes et colliers royaux.

L’industrie de la taille a employé à son apogée près de 3500 personnes, Saint-Claude étant le 4 ème centre mondial de production. En 2010 il restait 261 emplois.

Source : musée de la pipe et du diamant.
www.musee-pipe-diamant.com